Version pdf sur demande à Stéphan Barron
Les plantes de mon jardin
Technologie et art
Exposition à Prague sur un jardin d'Hérouville
Stéphan Barron et son association « Rien de spécial » n'ont... rien d'ordinaire. C'est ainsi que depuis le 21 mai et jusqu'au 17 Juin, il envoie chaque jour par téléfax à Prague (à la galerie Spala) des images sur les plantes de son petit jardin hérouvillais. Organisée par la galerie allemande Schüppenhauer (à Cologne), cette exposition pragoise permet de montrer que les technologies modernes peuvent être un outil de l'art.
Ancien ingénieur agronome, passionné d'art, Stéphan Barron est devenu professeur aux Beaux Arts: de communication à Calais et d'art vidéo à Tourcoing. Il n'en n'est pas à sa première expérience en la matière. Nuit internationale de la télécopie en 1986, expérience audiovisuelle entre l'église de Thaon et New-York en 1987, voyage dans l'Orient Express de Paris à Budapest filmé, photographié, etc. Toutes ses réalisations artistiques ont pour support la haute technologie (ordinateurs, images de synthèses, télécopie, photocopie, vidéo, téléphone): « Les supports médiatiques ont modifié nos sensations de l'espace et du temps. Avec mes diverses expérlences, je tourne toujours autour d'une réfléxion sur l'art à l'échelle planétalre. Avec cette nouvelle manifestation, c'est une façon de donner à voir un petit coin (le jardin) microscopique à des kilomètres de là et de faire partager l'évolution de ce petit carré de terre hérouvillais», explique Stéphan Barron.
Chaque jour une photo
Un petit jardin sur une fenêtre d'angle, où poussent pêle-mêle une crassule, un cactus, des primevères, un bonsaï et des radis en gestation.
Tel est le microcosme que Stéphan Barron livre à un autre bout de la planète par le biais de la technologie. Le principe est simple: « Chaque jour, avec un Polaroïd noir et blanc, je photographie une plante et je fais une photocopie que je télécopie ensuite à Prague. J'ai également fait une photocopie directe de feuilles fanées d'un bonsaï. »
Une manière de faire vivre l'évolution d'un jardin jour après jour dans une communication technique mais aussi mentale:
« Quand j'envoie les télécopies, je sais qu'à Prague ils les reçoivent quasi instantanément, pensent à moi et les exposent aussitôt ».
Une exposition originale qui est en quelque sorte un instant de poésie.
N. TRAVADON.
Ouest-France / Samedi - 25 mai 1991